Ma bouteille de Proust

Publié le par big-ben-salamandre.over-blog.com

Vous connaissez sans doutes l’histoire de la Madeleine de Proust (et si ce n’est pas le cas, Mady vous instruira mieux que moi). Une simple bouchée lui fait remonter des tas de souvenirs de son enfance. J’ai bien honte de le dire, mais ma cabine à remonter dans le temps à moi n’est pas une innocente madeleine…mais une bouteille de Manzana. Cette odeur à beau me torturer le cerveau et me soulever l’estomac, elle ne manquera jamais de dessiner un sourire sur mes lèvres.

Eté 2010. Je viens de passer la première partie de mon Bac, j’ai eues des notes pourries toute l’année, je viens de me prendre un râteau, et je n’ai qu’une envie : VIVRE ! Je vais découvrir en un mois qu’il est tout à fait possible de vivre en équilibre sur un fil. Qu’on peut tomber, se relever, et toujours se marrer. A l’époque, je pouvais m’enfiler une bouteille entière de cet alcool maudit. Mais en vrai petite nature, que ce soit une gorgée ou une bouteille, je savais parfaitement que le lendemain je finirais la tête dans une bassine. Je me retrouvais à vomir mes tripes au beau milieu d’une prairie, en jurant entre deux haut-le-cœur "PLUS JAMAIS !!" et je recommençais deux jours après. Je sens à nouveau cette odeur de fumée qui sature l’atmosphère, et ce hard rock qui résonne trop fort à mes oreilles. Je revois tous ces gens qui discutent avec moi et que je ne connais pas, et cette fille qui me regarde en riant, et qui deviendra très vite quelqu’un d’unique à mes yeux. Je me rappelle de cette somnolence qui s’empare de moi à chaque fois que je bois, comme une amie confortable qui me permet d’assimiler les rires, les cris et la musique autour de moi, et qui accueille ce mal de crâne comme une vieille connaissance. Allongée sur le sable, affalée sur un canapé renversé, en tailleur sur un trottoir, ou recroquevillée sous un arbre, j’écoutais ce bruit de fond, le plus réconfortant finalement que je n’ai jamais entendu. Ou alors je dansais, je tournais, tournais, et plus rien ne semblait compter. J’embrassais quelqu’un, n’importe qui, et de toute façon quelle importance ? Comme ils disent dans Almost famous, ce n’est pas la réalité.

Et puis septembre est arrivé. J’ai bien compris que ce n’était pas un monde pour moi, et que j’avais l’endurance d’un bisounours. J’ai essayé de continuer, mais une salope de petite voix murmurait à mon oreille "Liloo, c’est pas ta vie". Alors j‘ai laissé tomber tout ça. N’empêche, maintenant, je m’ennuie.

Smoutchis, Liloo

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Mouffles 28/02/2011 16:32


L'ivresse est triste...Non, tu le dis bien c'est le lendemain de l'ivresse qui est triste !
Alors...L'ennui ou la déprime ?
Quoi ?
C'est la même chose ?
Arffff !!!
Bisoussssssssssssssss
Mouffles


big-ben-salamandre.over-blog.com 01/03/2011 08:34



Pas du tout ! Enfin...d'après moi ! XD Ce que je ressens c'est un simple ennui, mais de là à qualifier ça de déprime, c'est dramatiser !



nina 28/02/2011 10:35


j'aime bien ton texte, il est sympa et honnête :)
autant je suis pas toujours fan quand tu fais des caricatures rigolotes, mais là c'est beaucoup plus personnel et mieux écrit!


big-ben-salamandre.over-blog.com 01/03/2011 08:31



Merci ! =)


Bah j'adore faire les portraits, mais le dernier je le sentais pas du coup c'était pas super bien écrit....(comme l'article sur le concert d'Izia)